28/09/2017

Bénin: Le coup de gueule de la minorité parlementaire contre le système Talon (Lire l'intégralité de la déclaration lue par l'He Justin Adjovi)



 
He Justin ADJOVI, 
Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Chers membres du Bureau de l’Assemblée Nationale,
Honorables députés,
Chers collègues,
Depuis février 1990, soit plus de 27 ans déjà, notre pays, la République du Bénin, s’est résolument engagé sur la voie de la démocratie, démocratie dont il est d’ailleurs le berceau en Afrique. Mais depuis peu, il est dans des incertitudes,  et les élus du peuple que nous sommes, avons l’obligation de dénoncer cet état de chose, quoi qu’il nous en coûte, au risque d’être complice devant l’histoire.
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
L’histoire de notre pays, de notre peuple, est jalonnée de lutte, une histoire, qui comme, celle de beaucoup d’autres peuples qui refusent de subir n’est pas un long fleuve au cours tranquille. Nous devons y puiser les valeurs,  qui nous permettent d’être en phase avec cette phrase de notre hymne national « Enfants du Bénin  débout »
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, qui d’entre nous n’a pas applaudi le Président de la République lorsqu’alors candidat, il a donné à notre peuple l’espoir de l’avènement d’une justice libre, espoir résumé par cette phrase «  un Etat qui ne respecte pas les décisions de justice est un Etat voyou »
Qui n’a pas rêvé d’un Bénin plus démocratique en entendant le candidat Patrice TALON dénoncer les supers pouvoirs d’un Président de la République trop puissant, pouvoirs qu’il avait donné l’assurance de ramener à leurs justes contenus s’il était élu ?
Qui n’a pas vu venir l’éclosion de notre économie lorsque le candidat Patrice TALON, en tandem avec un des plus grands opérateurs économiques du pays lors de la campagne  pour le 2ème tour de l’élection présidentielle a déclaré que ce dernier serait son principal allié s’il devenait Président de la République ?
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, les interrogations sont nombreuses et il serait fastidieux de vouloir les énumérer.
Mais voilà le candidat Patrice TALON désormais président de la République pour que naissent d’autres interrogations.
Notre peuple vit avec angoisse
Les conflits d’intérêts au sommet de l’État dont les plus grandes manifestations sont le fameux PVI à histoire, les achats de domaine de l’État non mis en vente, le monopole sur le Coton et l’anacarde, les marchés gré à gré, les attributions fantaisistes d’agréments, et la liste est longue
Le limogeage et la traque des responsables syndicaux et de la société civile qui s’opposent aux actes illicites.
L’acharnement politique contre Maires, Députés, anciens Directeurs Généraux, anciens Ministres, opérateurs économiques et menaces sur certains responsables d’institutions qui refusent de croire au prétendu nouveau départ.
L’organisation de concours frauduleux, notamment au niveau de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et de la justice alors que le Président avait fait de l’un de ses thèmes de campagne, la lutte contre la fraude
Les redressements fiscaux sélectifs à travers la mise en exécution d’un plan de destruction des opérateurs économiques nationaux. Sinon, comment comprendre qu’un harcèlement fiscal de plus de 165 milliards de francs CFA  soit adressé à un seul opérateur économique pendant que le PVI est exonéré de toutes taxes et droits douaniers.
L’accentuation de la pauvreté au lieu de sa réduction 
Les déguerpissements sauvages de nos mères, épouses, sœurs et frères du site d’exercice de leurs activités économiques
Le licenciement en masse, les recrutements ou nominations de parents et amis du cercle restreint du pouvoir au mépris de toute déontologie
Le mépris des lois, notamment celles sur le RAMU et le Cos-lépi et l’application de lois rejetées par la Cour Constitutionnelle
La démobilisation hasardeuse des militaires, livrant à la rue des citoyens qui n’ont appris que le métier des armes, ouvrant ainsi la porte à l’insécurité.
La vassalisation de l’Assemblée Nationale qui se manifeste entre autre par la mise entre parenthèse de son règlement intérieur qui se traduit notamment par les nombreux ateliers d’imprégnation des députés sur instigation du gouvernement, sur des textes qui ne sont pas introduits à l’Assemblée Nationale
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
La révision du Code électoral qui se prépare en catimini par certains de nos collègues est le prochain complot contre notre peuple. Il se susurre que la CENA est dans le viseur des complotistes. Il nous plait de rappeler ici que la CENA est une expérience heureuse, copiée par les Etats d’Afrique et qu’elle nous a évité les crises post-électorales. Nous voudrions attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la gravité exceptionnelle du risque de disparition ou de défiguration de la CENA ; la Paix post-électorale dans notre pays dépend de ce fleuron de notre démocratie.
Les Béninoises et les Béninois ont encore en mémoire la très vive tension qu’il y avait eu entre le Président de la République et son prédécesseur. Si l’élection présidentielle de 2016 avait été organisée par le Ministère de l’Intérieur, nous sommes tous conscients du risque de trouble que cela aurait engendré.
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Depuis l’historique vote du 04 avril 2017, l’Assemblée Nationale est comme coupée en deux hémisphères : La majorité parlementaire et la minorité parlementaire.
La minorité parlementaire, signataire de la présente déclaration se félicite de l’issue de ce vote qui a été précédé par une montée inquiétante de la tension dans notre pays par des manifestations çà et là, notamment devant le parlement. Certains naïfs pensaient que détenteur de la force publique, le gouvernement aurait maitrisé la situation ; erreur. Il y avait plus fort au Burkina-Faso voisin ; même le redoutable Shah d’Iran qui avait une sécurité des plus redoutables dans la région Asie a dû son salut à la fuite pour aller finir en exil.
Nous avons la conscience claire sur notre vote de ce 04 avril 2017 et nous recommencerions si cela était à refaire.
Nous voulons ici également saluer nos collègues qui n’ont pas eu la même vision que nous ce 04 avril 2017. Ils ont voté en leur âme et conscience, et c’est cela aussi la démocratie. C’est pourquoi nous exigeons qu’il nous soit reconnu aussi ce droit à la liberté et à la différence, que certains ont du mal à accepter.
La dernière manifestation de cette incurie a été l’attitude du préfet du plateau qui, à l’occasion des manifestations du 1er août 2017, a invité les populations à lyncher un de nos collègues pour avoir émis son vote contre la révision de la Constitution.
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Nous nous insurgeons et élevons la plus vive protestation contre le comportement de ce préfet inculte et antidémocrate et exigeons que l’Assemblée Nationale se saisisse du dossier afin que de pareils comportements ne se répètent à l’avenir.
Notre vote du 04 avril 2017, Monsieur le Président, a permis au Gouvernement de lancer la vulgarisation de son PAG. Ne serait-ce que pour cela, le Gouvernement devrait nous en être reconnaissant. Notre pays est résolument et irréversiblement engagé sur la voie de la démocratie ; il ne reculera pas quelles que soient les intimidations ; qu’on se le tienne pour dit. C’est en raison de cet engagement que du haut de cette tribune, nous appelons notre peuple à la vigilance…
Vive la Démocratie
Vive le Bénin
Je vous remercie
Ont signé les Députés de la minorité parlementaire

17/11/2016

Le bureau du conseil National sollicite l’appui du Parlement pour la prise en charge des personnes vivant avec le Vih/Sida



Le président de l’Assemblée Nationale, Me Adrien Houngbédji a reçu dans son cabinet dans la journée du mercredi 16 Novembre 2016 trois hautes personnalités. Au nombre de ces personnalités, le Président du Conseil National de Coordination et d’Orientation des Interventions Financées par le Fonds Mondial de Lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme en République du Bénin, Monsieur Thomas AZANDOSSESSI. Il est venu solliciter l’appui de l’Assemblée Nationale pour la prise en charge des personnes vivant avec le Vih/Sida.

Le président du Conseil National de Coordination et d’Orientation des Interventions Financées par le Fonds Mondial de Lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme en République du Bénin, Monsieur Thomas AZANDOSSESSI est l’une des trois personnalités reçue au cabinet du président Houngbédji dans la journée du mercredi 16 Novembre 2016 au palais des gouverneurs à Porto-Novo. Selon ses explications, la rencontre avec le président est d’une part pour présenter et faire connaître les activités du Conseil National en relation avec le Fonds Mondial au Bénin et d’autre part pour solliciter l’appui de l’assemblée nationale pour une prise en charge efficiente des personnes vivant avec le Vih/Sida en République du Bénin. Selon les explications de Thomas AZANDOSSESSI, 40 000 béninois sont atteints du Vih/Sida et sont placés sous antirétroviraux. Pour la prise en charge de ces patients, le Conseil National reçoit seulement l’appui de deux récipiendaires à savoir Plan International et le Programme national de lutte contre le Sida (Pnls) au Bénin. C’est donc pour le renforcement du financement de ces deux récipiendaires que le président du Conseil National est venu solliciter l’appui de l’assemblée nationale. Ceci pour bien pourvoir aux besoins en médicaments essentiels de cette couche de la population.
Les deux autres personnalités reçues au cabinet de Houngbédji ont respectivement pour nom Orou Gabé OROU SEGO, nouvel Ambassadeur du Bénin près la République Algérienne Démocratique et Populaire et Wei JUN, Directeur du Centre Culturel Chinois. Voici pour vous leur déclaration à la sortie de l’audience avec le président de l’Assemblée Nationale.

Encadré

Orou Gabé OROU SEGO, nouvel Ambassadeur du Bénin près la République Algérienne Démocratique et Populaire
« …J’ai demandé une audience auprès du président de l’Assemblée nationale parce que je viens d’être nommé Ambassadeur du Bénin près l’Algérie. Je suis en train de vouloir partir rejoindre mon poste et je ne pouvais pas partir sans voir le président de l’Assemblée nationale… »
Wei JUN, Directeur du Centre Culturel Chinois
«…Nous sommes très honorés d’être reçus par le président de l’Assemblée nationale. Je suis nommé comme Conseiller chargé de la culture et Directeur du Centre culturel chinois au Bénin il n’y a même pas deux mois. C’était donc normal que je vienne rendre cette visite au président de l’Assemblée nationale du Bénin pour bénéficier de son soutien et aussi pour lui parler des relations entre nos deux pays surtout dans le domaine de la coopération et de la culture. Je peux dire qu’il accorde une grande importance à la culture (…) Nous lui avons proposé d’être même le parrain de la 8ème édition du festival du nouvel an chinois prévu pour le mois de janvier 2017. On organisera peut-être une soirée de gala sur l’esplanade de l’Assemblée nationale avec une troupe artistique qui viendra de la Chine… »